Casse-tête chinois...
À peine mon passeport tamponné et un premier pas posé de l'autre côté du pont de l'amitié, qui relie la Thaïlande et le Laos, je saute dans un tuk-tuk en direction de l'ambassade de Chine de Vientiane pour de nouvelles formalités de visa... Il est alors 15h et je crains que les services de l'ambassade ne ferment une heure après, me laissant en plan pour le week-end puisque nous sommes vendredi!
La route est longue et le coin paumé. C'est l'occasion de partager de bons moments avec une des femmes assise à côté de moi, qui s'extasie sur mes lunettes de soleil et demande a tirer sur la cigarette que je viens d'allumer. Je suis un vrai animal de curiosité pour cette femme adorable et souriante avec qui seuls quelques gestes et sourires suffisent pour échanger.
Mais quelle déconvenue une fois arrivée devant les hauts murs de l'ambassade : l'office n'est ouvert que de 9h à 11h30!!! Moi qui croyais les chinois bosseurs, je constate qu'ils n'ont rien à envier aux 35 heures ;-) Sauf que je n'ai plus un baht en poche (j'ai filé tout ce qu'il me restait pour négocier un lift jusqu'ici) et que je n'ai pas encore pu retirer de kip (la monnaie laotienne)! J'essaie de faire comprendre au chauffeur de tuk-tuk qu'il me faut impérativement remonter à son bord, quitte à ce qu'il me dépose n'importe où dans le centre-ville de la capitale (que je connais pas encore!) mais je ne peux pas rester dans ce quartier désert de toute activité seule avec mon gros backpack!?! A force de sourires et d'un peu d'humour, il finit par comprendre ma situation et accepte de me déposer (gratuitement donc) dans le centre de Vientiane.
Le soir même, je rencontre un couple de français installés à Hanoï, venus ici pour renouveler leurs visas vietnamiens (sauf dans le cas de la Chine et du Vietnam, il suffit souvent de franchir une frontière!) et qui tout comme moi, doivent patienter jusqu'à lundi matin pour l'ouverture des bureaux de l'ambassade... Nous ne nous quitterons pas du week-end, passant d'agréables moments autour d'un verre, d'un plat local ou d'un jeu de cartes! A notre décharge, si l'atmosphère de la capitale est agréable, elle présente bien peu d'intérêt touristique. Et j'avoue que de poser mon baluchon pour quelques jours et rester simplement attablée à discuter pendant des heures comme je pourrais le faire à Paris, me repose sacrément l'esprit!
Pour la suite de mon parcours du combattant, je m'échine les jours suivants à réunir tous les documents exigés par l'ambassade :
- passeport (qu'ils garderont jusqu'à la délivrance du visa, me laissant voyager au Laos pendant 10 jours sans ce précieux sésame!)
- copies du permis de conduire (qu'ils ne me demanderont finalement pas)
- assurance de voyage
- extrait du compte en banque
- preuve de l'exercice d'une activité professionnelle (douce ironie que de reprendre contact avec sa RH lors d'un congé sabbatique!)
- billet aller-retour vers et depuis la Chine (moi qui ne voulais rien prévoir et limiter les déplacements aériens, je suis obligée de m'assoir sur mes principes!)
- une réservation d'hôtel
Sans compter les 4 pages de formulaire administratif à remplir une fois arrivée à l'ambassade...
Je pense avoir été bonne élève (après 3 jours d'arrachage de cheveux!) et finis par recevoir l'acquiescement des autorités chinoises... à condition de passer l'ultime formalité : payer 32 US $ dans une banque chinoise située à l'autre bout de la ville! J'enfourche mon vélo pour cette dernière étape de mon tour de Vientiane, pressée de sortir de ce labyrinthe adminsitratif...
Nous sommes mardi et on m'assure alors que je pourrai récupérer mon passeport et mon visa vendredi prochain. Sauf qu'après avoir déjà passé 4 jours a Vientiane, je préfère continuer ma route vers le Nord et y retourner dans une dizaine de jours, juste avant de prendre mon envol pour la Chine. Et puis mes adorables frenchies s'en vont aussi. Je prends donc un mini-van le soir même pour la ville de Vang Vieng, à 4h d'ici, et embrasse chaleureusement mes deux compagnons de route (ou mes piliers de table en l'occurrence!) dont, qui sait, je recroiserai peut-être le chemin!?!






