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Là bas, si j'y suis...

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5 mai 2014

On se fait à tout!

- Les glaçons dans la bière

- La "Vache qui rit" en guise de fromage

- Le café au lait condensé sucré

- La margarine... Le beurre, ils ne connaissent pas (alors salé, n'en parlons pas!)

- Les plats épicés

- Les repas sautés, sans parler des breakfasts qui me sont si chers...

- Les baguettes, celles avec lesquelles on mange et non pas celles que l'on mange...

- Le réveil aux aurores par le chant des coqs

- Les cafards et les rats. Une habitude, vraiment!

- Les chiottes à la turque qu'on devrait rebaptiser à l'asiatique!

- Les douches froides sans pression

- Porter un même tee-shirt 4 jours de suite

- Les lessives toutes les 3 semaines accueillies comme de véritables cadeaux de Noël! 

- Les problèmes de connexions internet

- Les réparations au scotch

- Dormir à 30 degrés avec le bruyant mais salvateur ventilateur en guise de berceuse

- Les nuits qui n'en sont pas lors des trajets nocturnes

- Les horaires de transport variables selon des amplitudes plutôt larges (à +/- 2 heures, quoi!)

- Les compagnies aériennes blacklistées...

- Conduire un scooter ou traverser les rues où les règles sont : pas de règle!!!

- Les changements de frontière et de devises. Une formalité!

- Les indications approximatives, quand elles ne sont pas contradictoires...

- Les harcèlements des vendeurs ou des chauffeurs qui cherchent à obtenir une commission

- Les négociations, fermes mais cordiales

- Les regards et sourires amusés des locaux à notre passage (quand on ne se fait pas prendre en photo!)

- Les raclements de gorge, les crachats et autres éternuements à même les doigts

- Le langage des signes, parfois unique moyen pour se faire comprendre

- Les moments de solitude

- Les autres voyageurs qu'on a apprécié mais qui ne sont, par définition, que de passage...

- Les attentes interminables dans des endroits improbables

- Les changements de plan de dernière minute

- Consacrer 1 heure par jour à la recherche d'un hébergement ou d'un transport quelconque

- Marcher sous 40 degrés avec 20kg sur le dos...

- Se demander ce qu'on fout là et trouver la réponse quelques minutes plus tard dans un simple sourire... Tout est là!!!

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5 mai 2014

Quelques tampons plus tard...

Trois pays (Indonésie, Malaisie et le petit mais riche Sultanat de Brunei Darussalam) se partagent déjà l'île de de Bornéo, ce qui allonge passablement la durée des transports, mais la Malaisie se charge de rajouter encore quelques tampons aux pages de votre passeport sur le simple fait de changer de région! 

Le Sultanat de Brunei n'est pas grand (à peine 5 800 km2) mais sa particularité est d'être divisé en 2 parties distinctes par l'enclave de Limbang qui elle, relève de la région du Sarawak, en Malaisie. 

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Pour se rendre à la capitale de Brunei, communément appelée BSB, depuis Kota Kinabalu, également surnommée KK, il vous faut donc : 

- un tampon de sortie de Sabah, suivi immédiatement d'un tampon d'entrée dans le Sarawak, toutes deux régions malaisiennes... (+2)

- quelques km plus loin, on sort de Malaisie (+1) pour entrer dans le Sultanat de Brunei (+1) mais on est encore loin de la capitale!

Souhaitant visiter le parc national de Ulu Temburong, je m'arrêterai dans cette 1ère partie du territoire, pour des raisons de cohérence géographique et d'économies d'argent, de temps et de pages vierges de passeport! 

Quant à BSB, je m'y rendrai par bateau pour un trajet parmi les plus fun effectués depuis longtemps, et m'épargnant ce qui suit

- un tampon de sortie de Brunei (+1)

- deux nouvelles entrée et sortie du Sarawak (+2)

- une deuxième entrée dans Brunei! (+1)

Pour relier KK à BSB d'une traite, il ne faut donc pas moins de 8 tampons pour ne traverser finalement que 2 pays...

29 avril 2014

Séjour en Sabah

Décidément, l'île de Bornéo laisse peu de place à l'improvisation! 

Après 5 heures de bateau, je débarque à Tawau, première ville malaisienne de ce côté de la frontière, et trouve assez vite un mini-van qui accepte de m'emmener de manière informelle à Semporna. L'archipel du même nom est réputé pour la beauté de ses fonds marins et la faune qui y a élu résidence. Compte tenu de mes récents transferts éreintants, je m'imagine bien posée sur la plage quelques jours pour entamer un bouquin et enfiler masque et tuba!

La route entre Tawau et Semporna est d'une tristesse déconcertante : plus d'une heure de palmeraies à perte de vue... Seuls les différents cycles de culture des palmiers à huile viennent rompre la monotonie du paysage!

La ville de Semporna ne présente aucun intérêt sauf celui d'être le point de départ pour un chapelet d'îles, véritables joyaux pour les férus de plongée qui doivent s'y prendre des mois à l'avance pour réserver leur place : l'île de Sipadan, très préservée, est uniquement accessible selon une politique de 120 quotas journaliers! Débarquant à Semporna en dilettante, ma déception est grande : tous les hôtels sont complets et je dois me rabattre sur une chambre dont le budget dépasse largement les 20-30 RM dont j'avais besoin sur la péninsule un mois plus tôt! Quite à payer le prix fort (140 RM, soit plus de 30 euros!), je reste le lendemain dans ma chambre climatisée à ne rien faire d'autre que bouquiner et regarder la télé! Cela fait bien 6 mois que je ne suis pas restée m'abrutir devant une émission de télé-crochet, américaine en l'occurence!

J'emprunte ensuite un petit bateau pour me rendre sur l'île de Mabul dont il est possible de faire le tour en 15 minutes à pied! La plupart des habitations, y compris le backpacker où je me trouve, sont construites sur pilotis, juste au dessus d'eaux turquoises tellement translucides que je me demande bien pourquoi j'aurais besoin d'un masque et d'un tuba! Y'a qu'à regarder ses pieds!!! 

Depuis la terrasse du backpacker, d'en face et d'en dessous!

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On se laisse vite embarquer par le paradis et je resterai ainsi sur Mabul 3 jours, durant lesquels je ferai connaissance avec 3 adorables francophones et m'essaierai à la plongée! Moi qui croyais ne pas y être autorisée (en raison d'un historique d'asthmatique), c'est encore toute surprise par cette possibilité qui m'est offerte, et donc sans préparation psychologique, qu'après un briefing d'une grosse demie heure, je descendrai (accompagnée bien sûr!) à 18 mètres de profondeur pour y observer des trumpet fish, des emperor angel fish, des barracudas, des clown fish (némo, quoi!) mais aucune tortue en vue... Tout le monde en aura croisé des dizaines pendant leur séjour, mais moi pas une seule!!! Ça en deviendra une blague récurrente entre nous!

Ceci étant dit, je serai aussi bouleversée par le contraste saisissant de cette île aux resorts 5 étoiles construits à quelques pilotis des hameaux de réfugiés philippins qui constituent 90% de la population de ce bout de rocher entouré de sable blanc... Un paradis au goût amer quand on sait les gamins d'à côté malnutris...

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Mon dernier soir sur Mabul sera marqué par une drôle de "rencontre" qui changera la suite de mon itinéraire... Tandis que nous sommes encore à l'heure de l'apéro à échanger sur les différentes espèces aperçues lors de nos plongées, un groupe de 5 militaires armés jusqu'aux dents débarquent dans notre humble backpacker... Curieuse impression qui me met immédiatement mal à l'aise... Que peuvent-ils bien faire ici?!? Et là, de m'entendre répondre :

- Tu n'as pas entendu parler des récents enlèvements?

- Euh, non...

- Deux femmes ont été enlevées sur l'île voisine il y a 15 jours et on n'en sait pas beaucoup plus depuis... En novembre dernier, c'étaient deux touristes tawanais qui se faisaient abattre...

- ?!?!?!?!?!

Après avoir creusé un peu la question, j'apprends qu'il pourrait s'agir d'actions de Philippins revendiquant le rattachement de ces îles situées au large de Bornéo. À ce jour, rien n'est clairement affiché mais je sais aussi que des pirates rôdent dans la mer des Célèbes... Va savoir donc!

J'avais prévu de partir le lendemain pour Lahad Datu où j'aurais sûrement atteint la rivière Kinabatangan difficilement : à un moment du trajet, je n'avais pas obtenu d'autre information que "attendre un changement de véhicule à un croisement" (ce qui n'était pas sans me rappeler mes galères de Sulawesi!), et faire ça toute seule en pleine nuit ne me sembla plus très opportun...

J'ai donc considéré la venue subite de ces militaires comme un signe à mon attention : en voyage, quand aucun plan précis ne guide votre route, le moindre événement peut provoquer un changement de direction. Qu'il ait s'agit de simples impressions, déguisées ou non en signes qui peuvent aussi revêtir de multiples interprétations, ce soir là, cette lecture fut la mienne! Je me rangerai donc du côté du Ministère des affaires étrangères qui déconseille fortement de se rendre sur la côte Est de Sabah ("sauf impératifs" que je n'ai pas!) et changerai mes plans pour filer directement à Kota Kinabalu le lendemain soir, à non pas 2 mais 12 heures de route de là... Pas de balade sur la rivière (du moins pas celle-ci) mais pas non plus d'attente nocturne à ce foutu carrefour où je n'aurais sûrement pas fait la fière!

 

25 avril 2014

L'art de la toge... à la mode ourang-outans!

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25 avril 2014

What a day trip to Semboja!

Me rendre à Balikpapan n'a pas été de tout repos, mais organiser des excursions depuis cette ville n'a pas été aisé non plus... Mon guide ne couvrant pas cette partie du Kalimantan (la partie indonésienne de Bornéo), je cherche longtemps une agence pouvant m'aiguiller sur les endroits à visiter dans les environs, en vain... Je ne croise pas non plus le moindre touriste avec qui échanger et peut-être partager un moyen de locomotion pour se rendre en dehors de cette ville. Damn it!

Je finis par me décider à louer les services d'un taxi driver (pour 400 000 roupies, soit tout de même 25 euros) et me rendre dans le village de Semboja pour la journée. La province et le village du même nom sont situés à 1 heure des plate-formes pétrolières de Balikpapan et correspondent davantage à l'idée de ce que je me faisais de Bornéo! Cela étant, c'est aussi la réalité de l'île, continuellement tiraillée entre le pire et le meilleur des actions menées par la main de l'homme. Mais le duel n'est pas équitable et je vous laisse le soin de deviner qui remporte la partie...

Semboja accueille un centre BOS pour the Borneo Orangutan Survival Foundation (http://orangutan.or.id/) qui, comme son nom l'indique, vise la protection et la réintroduction des ourang-outans, notamment en acquérant des parcelles de terrain qu'ils leur faut souvent reboiser après avoir été l'objet de cultures sur brûlis ou d'une déforestation massive.

Le site ainsi replanté (avec des essences autres que le palmier à huile...) couvre 160 hectares et compte environ 240 ourang-outans voués à être reimplantés dans leur milieu naturel, parfois à l'autre bout de l'île, aussitôt qu'ils auront acquis tous les mécanismes pour survivre dans ce nouvel environnement et qu'il aura été repéré un coin de forêt propice pour les accueillir... Tâche ardue s'il en est, rien qu'à voir le projet en cours du gouvernement qui prévoit de construire une highway en lisière du parc détenu par la fondation... 

Malgré quelques renseignements glanés avant de m'y rendre, je craignais assister à une grande exhibition de nos cousins velus ou pire, débarquer dans un centre ressemblant à un zoo. Il n'en sera rien! Je ne verrai "que" deux femelles ourang-outans qui résident avec leurs petits sur une sorte d'île aménagée pour l'occasion et inaccessible aux visiteurs. Le centre compte 6 autres îles de ce genre mais ces dernières ne sont pas visibles par le public puisqu'elles hébergent justement ces grands primates en voie de réintroduction. Et c'est tant mieux!!! 

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La deuxième mère ourang-outan que j'apercevrai est à ce moment précis à la recherche du jeune singe dont elle a la garde (les femelles ourang-outans n'ont qu'un petit à la fois mais jettent bien volontiers un coup d'oeil sur celui de leurs congénères) parti batifoler dans les fourrés...

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Et après les photos qui suivent, qu'on ne me fasse pas dire que l'homme ne descend pas du singe...

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Depuis Semboja, j'embarquerai en pirogue à travers les mangroves où, au detour d'un coude de la rivière, j'aurai la chance d'observer des Proboscis, ces fameux singes au nez incroyablement long et disgracieux, à en décomplexer plus d'un! ;-) Ne rôdant jamais bien loin, j'apercevrai leur principal prédateur, le monitor lizard, sorte de varan visiblement aussi à l'aise dans l'eau que perché dans les branches. Sans parler des aigrettes et de toutes sortes d'oiseaux habitant ces mangroves calmes et luxuriantes...

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Au terme de cette balade de près de 2 heures, nous atteindrons un village de pêcheurs où je serai surprise par leurs drôles d'embarcations et par l'accueil si chaleureux qui nous est réservé!

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25 avril 2014

Chut! C'est la fête du Niepy...

Tandis que je parcours depuis plus d'un mois des contrées où le chant du Muezzin se fait entendre, je vous propose un petit retour en arrière pour vous faire partager la ferveur religieuse (réelle ou sociale?) des Balinais.

Pas un jour sans que l'on assiste à une cérémonie en grande pompe, qu'elle concerne les temples communautaires (un dans chaque village) ou les temples familiaux (un dans chaque foyer), qu'il s'agisse d'une crémation ou d'une fête officielle, comme celle du Niepy à laquelle nous avons eu la chance d'assister et qui correspond peu ou prou à leur nouvelle année. Mais j'y reviendrai plus loin...

En guise d'illustration, dès le jour de mon arrivée, j'assistais à la "fête du métal" qui se tenait dans le petit village près d'Ubud où nous avons séjourné plus d'une semaine. Je ne sais en quoi cette fête consiste exactement, mais elle donne l'occasion d'orner tous les véhicules des mêmes offrandes déposées habituellement sur les autels et le long des trottoirs (bâtons d'encens, grains de riz, petits gâteaux et fleurs colorées disposés dans des feuilles de bananier). Toutes les familles du village se regroupent alors autour du temple et du prêtre, chacun vêtu de son costume traditionnel avec son lot d'offrandes et de nourriture pour toute la communauté.

Pour avoir eu la chance de l'observer de près, notre logement étant voisin du temple du village, la cérémonie a duré des heures entières : après les nombreux rituels exécutés par le prêtre, personnage le plus important du village, c'était au tour du Gamelan de s'essouffler jusqu'à une heure avancée de la nuit, dans une ambiance joyeuse et festive, pour le plus grand plaisir de nos oreilles (cette dernière phrase comporte un brin d'ironie...)

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Autres temples, mêmes rituels...

Et ce 3 fois par jour!!!

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Ces poussins aux couleurs pour le moins funky ne sont pas des offrandes mais des cadeaux faits aux enfants à la sortie des temples lors de grands événements. Quant aux grains de riz déposés sur le front et à la base du cou, ils signifient que l'on s'est rendu au temple pour prier (me concernant, c'était plutôt pour le visiter puisque le "port du grain de riz" y était obligatoire!). Leur durée de "pose" est fonction du degré de pureté du porteur... Après les avoir gardé des heures, me voilà rassurée! ;-)

 

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Les (vraies) couleurs que l'on retrouve systématiquement dans les temples sont le jaune, le rouge, le blanc et le noir, chacune de ces couleurs représentant une divinité de la Trinité qui, selon les Hindous, incarne une sorte de cycle de l'Univers dont Brahma est le créateur, Vishnou le protecteur, et Shiva le déstructeur :

- le rouge pour Brahma, premier de la Trinité Hindoue car il est le Dieu créateur, également représenté par l'élément feu et honoré généralement avec des bâtons d'encens. Si Brahma est le premier Dieu de ce célèbre trio, il ne compte pour autant que très peu de temples qui lui sont entièrement dédiés (sauf Angkor Wat au Cambodge par exemple, ce qui n'est pas rien!)

- le blanc et le jaune pour Shiva, le plus craint et le plus vénéré des trois Dieux car il est celui de la destruction et du vent. Son fils n'est autre que Ganesha, Dieu de la joie, de la communication... et des voyageurs! Autant vous dire que j'ai plus d'une fois prié à ma façon ce Dieu avec sa drôle de bouille d'éléphant!

- le noir pour Vishnou, le Dieu protecteur dont l'élément représentatif est l'eau

Quant aux forces du bien et du mal, elles sont détenues par 2 personnages singuliers et propres à Bali : Barong, un bon roi transformé en cochon/ours/tigre (selon les goûts des sculptueurs du temple!) et représentant les forces du bien auxquelles s'oppose vivement Randa, une vilaine reine souvent désignée sous les traits d'une sorcière aux seins nus, incarnant évidemment l'esprit malin. A chaque culture son diable donc, avec ou sans sein!

A ceux là, s'ajoute aussi parfois un Dieu Unique, Souria, mais là j'avoue ne pas avoir compris l'imbrication de tout ce joli monde...

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Au hasard d'une balade en bord de mer, nous sommes tombés nez à nez avec une des grandes célébrations de purification précédant le Niepy, appelée Melasti. Cette célébration est déstinée à exorciser les esprits malins et se purifier en vue de l'entrée dans la nouvelle année.

Si au départ, je m'étonnais de trouve

r ces installations vides en bord de plage, quelle ne sera pas ma surprise quelques heures plus tard! À ne pas en reconnaître les lieux!!!

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Cette cérémonie se déroule par Pura (temple) quelques jours avant le Niepy. Elle consiste à rassembler tous les objets se référant aux divinités hindoues (drapeaux, statuettes, lances, offrandes, etc.) en bord de mer, considérée comme le lieu de purification de toutes les composantes de l'Univers, et est suivie d'une grande parade qui déambule au son du Gamelan. L'objectif du Melasti est donc de purifier chaque individu (à juste titre vêtu de blanc, symbole de pureté) ainsi que tous les éléments de l'Univers (y'a du boulot!) des mauvaises influences, des mauvaises actions ou des mauvaises pensées.

Une foule de Balinais, hommes et femmes, petits et grands, provenant de tous les villages de l'île, sont alors rassemblés sur la plage correspondant à leur temple pour assister à cette cérémonie essentielle dans les rituels hindous.

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Le lendemain, nous assistons dans Ubud au défilé des Ogoh-Ogoh, ces immenses monstres de papier fabriqués dans chaque village et exhibés dans les rues la veille au soir du Niepy, le nouvel an balinais. Il convient alors de malmener ces malheureux démons de papier (certains reconnaîtront la méchante Randa) et de faire le plus de bruit possible (vive les pétards!) pour les éloigner. 

Et puis cela défoule à la veille d'une journée sans activité et sans bruit, car 

Niepy a beau être le premier jour de l'an, c'est aussi le jour dit du silence! C'est en effet le moment où les mauvais esprits descendent sur Terre. Le moindre son étant susceptible de les attirer, seule l'absence de vie les ferait repartir...

 

Partant de ce principe, les règles du Niepy sont simples :

- interdiction de faire du feu (ce qui revient à ne pas allumer la lumière ou le gaz, y compris pour cuisiner...)

- interdiction de se transporter, y compris de traverser la rue ou de prendre l'avion. De toute façon, tout est fermé! Et attention car, seuls autorisés à travailler en ce jour de Niepy avec le personnel hospitalier, les flics veillent!!!

- interdiction de faire du bruit, cela va de soi...

Il ne reste alors plus qu'une seule chose à faire : s'approvisionner par anticipation et prendre son mal en patience pendant ces 24h en se munissant d'un bon bouquin (je ferai une petite entorse à la règle en profitant du Wifi, mais resterai silencieuse autant que faire se peut! J'en vois déjà certains sourire...)

On peut alors comprendre que la veille du Niepy (qui cette année nous a fait entrer dans l'an 1936 du calendrier Saka!), tous les Balinais se retrouvent dans les rues pour assister au défilé des Ogoh-Ogoh et à toutes les festivités qui s'en rapportent!

Tremblez! Ce soir, les démons sont de sortie!

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18 avril 2014

Dada Indonesia!

Après un mois passé en Indonésie (et pas un jour de plus car cela coûte la bagatelle de 20$ par jour supplémentaire, sans compter qu'il vaut mieux éviter de se frotter aux autorités locales tristement connues pour leurs abus et leur corruption), je dois admettre que je suis soulagée de naviguer vers d'autres horizons. D'autres horizons, c'est vite dit puisque je suis actuellement dans le bateau pour rejoindre la région de Sabah, toujours sur l'île de Bornéo mais de l'autre côté de la frontiere, à 4 heures de navigation. Je sais que la partie malaisienne de l'île est nettement plus fréquentée que Kalimantan, son équivalent indonésien, et pour la première fois je ne rechigne pas à retrouver d'autres bulè ! Cela fait près de 10 jours que j'ai quitté la région touristique du Toraja, dans le centre de la Sulawesi, et je n'ai depuis croisé aucun touriste. Et pour cause! Une partie de mes journées consiste à organiser mon départ pour la prochaine destination, le système de transport pouvant se résumer à un mot : galère...

Le fait d'être seule touriste ne me pose pas de problème en soi, si ce n'est que depuis mon départ de Bali, je peux compter sur les doigts d'une main les personnes pouvant baragouiner des mots d'anglais! Et mon indonésien se résumant essentiellement aux termes culinaires, difficile de tirer des renseignements utiles auprès des locaux. Quant à mon guide, il ne couvre pas cette partie du pays! Bref, galère...

Le fait d'être une femme voyageant seule est par contre ambivalent : les gens sont naturellement plus prévenants que si j'étais un homme ou accompagnée, mais les sollicitations sont permanentes, et à force je dois dire harrasantes... Les "Hello Mister" qui me faisaient tant sourire au début accompagnent désormais chacun de mes pas, l'entendant crié parfois de l'autre bout de la rue jusqu'à temps que je réponde, avant d'être repris par le prochain passant situé 2 mètres plus loin, et ainsi de suite...

Une jeune femme originaire de Sulawesi s'était vivement étonnée que je me sois rendue à Pare Pare, ville réputée dangeureuse (faut-il encore le savoir!) où il n'y a rien à faire sauf y prendre le bateau. C'était justement la raison pour laquelle j'avais précipitamment quitté Rantepao par un bus de nuit afin d'embarquer dans le prochain ferry pour l'île de Bornéo qui, je venais de l'apprendre, ne passe que 2 fois par mois... Ce fameux bus de nuit me laissa à 1h30 du matin au bord de la route, dans cette grande ville déserte que je ne connaissais pas. Forcément, je ne me suis pas sentie très a l'aise, mais quitte à trimer avec mes 20 kgs sur le dos à la recherche d'un hôtel, j'ai préféré refuser les propositions des ojek (conducteurs de moto informels qui vous amènent n'importe où contre un petit billet) pour rester maître de mon chemin, un brin hasardeux je l'avoue! A situation exceptionnelle (quoi que...), idée peu ordinaire : me voilà à m'arrêter à la station de Police pour leur demander l'adresse d'un hôtel! J'apprendrai plus tard, de sources locales, que c'est la pire chose à faire en Indonésie : pour éviter les ennuis, ne jamais se rendre auprès des autorités ici corrompues jusqu'à la moelle. Cela revient à se jeter dans la gueule du loup!

Alors cette jeune femme avait peut-être raison quand elle affirmait que quelqu'un devait veiller sur moi, car aussitôt après avoir eu cette idée saugrenue, un énième ojek s'arrête à mon niveau et me tend son téléphone. Au bout du fil, un dénommé Octa, seul english speaker de la ville qui débarque dans la minute et se propose de m'emmener dans un hotel. J'accepte de le suivre, guidée par mon intuition qui vaut tous les guides touristiques. Et une fois encore, celle-ci ne m'aura pas trompée : non seulement il m'aidera à trouver un hôtel, rares dans cette ville et surtout fermés à cette heure avancée de la nuit, mais il me trimballera le lendemain de boutiques en écoles, à la rencontre de ses jeunes élèves à qui il enseigne l'anglais quelques heures par semaine. De jolis moments et de très belles rencontres, voilà donc les souvenirs que je garderai de ce coupe-gorge!

Le 13 avril, j'embarquais comme prévu dans le ferry pour Balikpapan, ville située sur la côte sud-est de Bornéo, au terme d'une traversée de 16h. Et là, c'est la claque! Je suis la seule blanche à bord parmi les 2 500 passagers qui sont à dormir à même le sol des jours durant (le bateau étant parti de Makassar au sud de la Sulawesi et se rendant à Tarakan, au nord de Kalimantan). 

J'ai alors l'impression de vivre un remake du Titanic, le garçon et le glaçon en moins! Je ne peux pas passer inaperçue et encore moins me débarrasser de ce sentiment de culpabilité, aussi vain soit-il... Pour la première fois depuis 6 mois, je ressens un véritable malaise et finis par limiter mes sorties sur le pont afin d'éviter les regards pas aussi sympathiques que ceux croisés jusqu'à maintenant...

Je serai soulagée d'arriver à bon port mais les galères de transport ne seront pas pour autant derrière moi. Bornéo est décidément une île qui se gagne!!!

L'un des premiers réflexes quand on arrive quelque part est de s'enquérir des moyens pour en partir. D'autant que je n'ai pas envie de dépasser ma durée légale de séjour en Indonésie, censé prendre fin 6 jours plus tard. Balikpapan est une grande ville tournée vers l'exploitation malheureuse des richesses du sol de Bornéo (charbon et pétrole, merci Total!) où aucun touriste ne s'arrête : les hôtels sont remplis de businessmen et je ne vois pas l'ombre d'une agence me permettant de m'extraire de la big city pour aller découvrir les beautés naturelles de l'île. Les transports eux aussi sont limités : aucune route ne mène jusqu'à la région de Sabah, en Malaisie, et le seul bateau qui s'y rend part le jour de mon expiration de visa pour plus de 30h de traversée... Je vais encore devoir recourir à un montage complexe de moyens de transport et m'asseoir sur mon principe de ne pas prendre l'avion!

Je m'arrache donc les cheveux pour éviter de prendre des vols faisant escale à Kuala Lampur ou Jakarta (ce qui serait un vrai non-sens puisque je veux seulement me rendre au nord de Bornéo!!!) et trouve la combinaison alternative suivante : vol direct d'une heure pour la petite ville de Tarakan, en Indonésie, puis 4 heures de ferry (régulier, je me suis renseignée!) pour Tawau de l'autre côté de la frontière...

J'en suis là. Je viens de quitter Tarakan pour Tawau, non sans connaître d'autres péripéties : un chauffeur de taxi qui m'annonce qu'il n'y a pas de bateau, un autre qui m'indique qu'il part bien à 11h30 le lendemain... Prévoyante, je quitte l'hôtel 2 heures avant l'heure indiquée, prends unmo pour le port qui s'avère ne pas être le bon et apprends par la même occasion que le départ pour Tawau est prévu à 10h, c'est-à-dire dans 10 petites minutes... Quelle poisse! Et il me faut en plus passer par le bureau de l'immigration!?! F***!!! Mais grâce à une rencontre heureuse et fortuite, je parviens à me hisser dans le bateau peu après 10h, pour un départ effectif qui n'aura lieu qu'une heure plus tard...

Forte de ces récentes galères de transport, je compte bien rester avisée pour les 2 mois qu'il me reste à passer dans cette région d'Asie où se déplacer n'est décidément jamais une sinécure...

16 avril 2014

La pierre, c'est pas mon truc...

Là où nous résidions à Bali, il nous était laissé la possibilité de suivre une cooking class ou des cours de sculpture. La cuisine n'ayant jamais été mon truc, j'ai préféré m'essayer à la pierre... sans plus de succès je dois dire!

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Ce que nous étions censés reproduire?!? Une grenouille en position de prière! Mais quelle idée aussi...

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Et après 2 heures de coups de marteau et de franches rigolades, voilà le résultat...

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Autant vous dire que je ne l'ai pas prise dans mes bagages ;-)

La prochaine fois, je me mettrai peut-être aux fourneaux!

14 avril 2014

Et oui, Michel aussi était à Bali!

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13 avril 2014

1 mois de vadrouille

Avion, voiture, moto, métro, bémo, bus et bateau... On peut dire que je collectionne les moyens de transport dans cette partie de l'Asie!

La Malaisie (du 10 au 21 mars)

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Bali et Nusa Lembogan, en Indonésie (du 21 mars au 4 avril)

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Les îles Célèbes, au Nord de Bali (du 4 au 13 avril)

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Puis cap en bateau sur Kalimantan, la partie indonésienne de l'île de Bornéo!

12 avril 2014

L'épreuve de la route... la suite!

Aussitôt débarquée à Sengkang, je fais la rencontre de Uli, manager de l'hôtel et premier english speaker que je rencontre depuis mon arrivée en Sulawesi. Nous sympathisons si vite et bien que je passerai l'intégralité de mon séjour en sa compagnie, profitant de son décryptage de cette île aux multiples facettes (musulmans, chrétiens, animistes, Bugis, Makassars, Torajas, etc.), savourant ses anecdotes passionnantes et appréciant ses meilleures adresses de restos locaux!

Sengkang est une ville sans charme particulier, dont le seul véritable intérêt est son immense lac et l'étonnant village flottant qui s'y trouve! Une quarantaine de familles vivent et migrent sur les eaux calmes et peu profondes du Danau Tempe (entre 1 et 4 mètres de profondeur selon les saisons), organisant l'essentiel de leurs activités autour de la pêche qu'ils pratiquent à l'aide d'une sorte de piège en bamboo.

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Je quitte dès le lendemain la ville de Sengkang pour atteindre Rantepao, dans la célèbre région du Toraja que je pressens difficile d'accès... C'est bien peu dire!!!

Suivant les précieux conseils d'Uli, je monte dans un véhicule sans âge en direction de Lawawoi, bled que je ne parviens pas à localiser sur une carte mais d'où je devrai pourtant arrêter le bus en route pour Rantepao. Sur le papier, cela me paraît limpide, ou presque... Dans les faits, c'est toujours plus compliqué!

Ce qui fait office de transport en commun est une sorte de voiture familiale s'arrêtant à la demande des passagers entassés à l'arrière, c'est-à-dire à peu près tous les 5 kilomètres. À ce rythme, il nous faut plus de 2 heures de route pour rejoindre Lawawoi, où je suis laissée sans plus d'explication au beau milieu d'un carrefour, face à une station service... Certes, l'endroit n'est pas des plus chaleureux mais quoi de mieux qu'un carrefour pour être certaine de ne pas voir le bus me passer sous le nez?

Je m'installe donc sur la paillasse en bamboo en guise de banc public, et me prépare à attendre patiemment... 

Je ne resterai pas seule bien longtemps : il ne faut pas 2 minutes à la dizaine d'hommes assis non loin de là pour venir m'aborder gentillement. Difficile de communiquer quand la langue de chacun est totalement étrangère à l'autre! L'un d'entre eux parvient malgré tout à me faire comprendre que le bus reliant Makassar à Rantepao passe ici dans 2 heures... 2 heures?!? Je n'ose y croire! 

Et pourtant...

Je ne verrai pas le temps passer en compagnie de ses bonshommes curieux et sympathiques, avec qui j'enrichirai mon vocabulaire gastronomique (cette looooongue attente insoupçonnée me permettra de croquer un morceau dans la gargotte voisine) à force de patience et de mimes (non, le ridicule ne tue pas!) tandis qu'ils alimenteront leurs réseaux sociaux de dizaines de photos du bulè assis en bord de route! Le policier présent dans cette drôle d'assemblée me proposera même de m'emmener à Rantepao en moto... Il se fout de moi ou quoi?!? Il faut plus de 4 heures de route!!! Ça sera fort heureusement le moment que choisira mon bus pour faire son apparition au détour d'un virage. Victoire! Je lui fais signe pour qu'il s'arrête, remercie chaleureusement mes compagnons de route (au premier sens du terme) et grimpe dans ce bus climatisé aux sièges hyper confortables. Ça valait le coup d'attendre!

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La route dessine de grands lacets à travers des montagnes verdoyantes jusqu'à Rantepao où j'arriverai de nuit, sous des trombes d'eau, avec 2 heures de plus que prévu au compteur. Mais qu'est-ce que le retard ici, finalement?!?

6 avril 2014

L'épreuve de la route...

Après 10 jours passés à Bali où la troupe que nous étions s'est essentiellement déplacée en taxi, les transports sur les îles Célèbes - aujourd'hui appelée Sulawesi - me remettent dans le bain!

Je reviendrai sur mon séjour dans la belle île de Bali à l'occasion d'un autre article, mais je voulais vous faire part avant de mes premiers pas en Sulawesi où j'ai débarqué il y a 2 jours.

La ville de Makassar n'est pas des plus attrayantes, surtout quand on y arrive de nuit. Je trouve un hôtel un peu creepy pour 100 000 roupies (6,4 euros) et pars immédiatement dîner en ville. Au delà du fait que nous n'étions que 2 occidentaux dans l'avion reliant Denpasar à Makassar, je réalise à quel point l'île est peu fréquentée à la grande curiosité des serveurs, hyper prévenants, qui viennent tour à tour à ma table pour échanger 2 mots contre un sourire. Cette impression sera renforcée un peu plus tard dans la ville de Sengkang où de nombreux jeunes Bugis, l'une des principales ethnies du sud-ouest de l'île, ne cesseront de me photographier car les touristes blancs ressemblent "aux stars de cinéma". Dont acte ;-)

Si l'accueil est chaleureux, la communication est loin d'être aisée. Mon indonésien se résume aux formules de politesse basiques et à quelques chiffres pratiques. Quant à leur niveau d'anglais, c'est encore pire! Pour preuve, le Mister qu'on m'assène à plusieurs reprises! Sur le coup, je me suis dit que peut-être, de dos, de loin et dans la nuit noire, mes épaules de backpackeuse avaient pu être prises pour celles d'un homme... Depuis, cela ne fait plus aucun doute : il s'agit du salut couramment distribué aux bulè que nous sommes (le mot "boulet" - dont j'assume l'orthographe - est le mot indonésien pour désigner les touristes étrangers!)

Dès le lendemain de mon arrivée, je cherche à quitter la capitale pour la ville de Sengkang, située au bord d'un lac, qui ne figure même pas dans mon guide... Ça sera mon chemin de croix!

Souhaitant me rendre à la station de bus par mes propres moyens, je monte dans un premier bémo (sorte de boîte à sardines sur roues servant de bus urbain), avant que le chauffeur ne m'en indique un second, qui lui-même m'en désignera un troisième... Après 3 bémos et une heure de transport collectif, un gamin renversé en chemin (l'enfant va bien, rassurez-vous, mais le scooter a pris la fuite!), des yeux grands écarquillés à ma vue à travers la porte ouverte du bémo, mon trajet de 4 000 roupies secrètement payé par un adorable passager auprès duquel j'ai eu un succès fou, j'arrive enfin à bon port!

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La "station" de "bus" ressemble plus à un grand terrain vague qu'à une infrastructure dédiée. C'est pourtant de là que j'embarque dans une voiture qui ne partira à Sengkang qu'une fois remplie de passagers. L'un d'entre eux me précise que le trajet ne dure que 2 heures. Mais après 6 heures de route, j'en déduirai que nous nous sommes mal compris!!! Entre temps, notre chauffeur s'exercera à la Formule 1 dans des virages de montagne en se servant de son klaxon comme d'un 3ème oeil, et ce malgré les 2 ou 3 accidents croisés sur cette route sinueuse... 

Je n'ai alors pas grand chose d'autre à faire que de me cramponner à la poignée de la portière en guise de ceinture de sécurité... et de m'en remettre au sort!

Décidemment, je plairai et intriguerai beaucoup ce jour là, car mon gentil voisin n'aura de cesse de me faire les yeux doux après avoir pris en otage ma 2ème oreillette de Mp3! Comment lui dire que je ne suis pas bonne à marier?!? En attendant, ses penchants musicaux tenderont essentiellement vers les tubes des années 90 :

http://www.dailymotion.com/video/xui49_cornershop-brimful-of-asha_music

http://www.dailymotion.com/video/x51gi_oasis-stop-crying-your-heart-out_music

Peu de temps avant la tombée de la nuit, le chauffeur pressé me déposera devant l'un des seuls hôtels de Sengkang. Celui-ci a une piscine et le breakfast included? Tanpis pour le budget! Je ne l'aurai pas démérité celui-là!!!

31 mars 2014

10 jours en Malaisie

Vol Phnom Penh - Kuala Lampur : trois heures après, c’est le choc ! Au-delà de ma peur de l’avion (surtout au moment de la triste disparition du vol de Malaysian Airlines…), je regrette l’absence de transition lorsqu’on use de ces moyens de transport. Après la quiétude de Kampot, le grouillement de KL !!!

Mes premiers pas en Malaisie seront donc urbains ! Je déambule dans les rues de la mégalopole ceinturée par de grands axes routiers dépourvus de trottoirs, cherche un parc qui s’avère en plein travaux, m’arrête dans les marchés couverts pour n’y trouver que des objets d’artisanat issus des pays voisins, passe mon chemin devant les enseignes de grands magasins identiques à ceux des Champs Elysées… Mon premier jour en Malaisie est donc marqué par la mélancolie et la déception… Ma seule excitation sera de grimper aux 42ème et 83ème étages des célèbres tours Pétronas (pour la bagatelle de 80 Ringit, soit environ 20 euros…) à l’architecture élégante et au point de vue vertigineux !

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Les célèbres et impressionnantes tours Pétronas :

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La vue du 42ème étage...

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... et celle du 83ème étage!

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Le lendemain, je me rends à la station de bus la plus proche, mais pour aller où ??? Je me décide au dernier moment pour les Cameron Highlands, région montagneuse du centre de la Péninsule et cœur maraîcher du Pays : fraises, miel, rose, orchidées et somptueuses plantations de thé. J’aspire alors à un peu de tranquillité mais serai à nouveau surprise (bel euphémisme !) par la tournure touristique prise par toutes ces « fermes » spécialisées. C’est un véritable Disneyland rural disséminé au fond des vallées autrefois verdoyantes et aujourd’hui bétonnées par des exploitations agricoles à forte orientation touristique ou des resorts sortis de terre à coups de capitaux chinois…

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La rencontre d’un autre traveller solitaire me donnera l’occasion de prendre un peu de hauteur avec un trek de 6 heures à travers la jungle jusqu’au sommet du Gunung Brinchang à plus de 2 000 mètres d’altitude. Le lendemain, je me baladerai avec émerveillement dans les plantations de thé (celles de la marque très populaire BOH) qui recouvrent d’un vert intense des flancs de montagne entiers ! L’arbre à thé demande peu d’entretien une fois planté et seules les jeunes feuilles d’un vert clair presque fluorescent, sont récoltées toutes les 2 ou 3 semaines. Le thé a été introduit par les occidentaux dans les années 1930 pour être récolté par des paysans d’origine indienne et népalaise qui constituent encore aujourd’hui l’essentiel de la main d’œuvre quand les terrains sont trop escarpés pour une récolte mécanique. Leurs hameaux situés au pied des plantations comptent écoles et temples hindous !

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Je reprends ensuite la route vers le Nord-Ouest pour Georgetown, ville principale de l’île de Penang, où je fais la rencontre de trois adorables nantais avec qui je passerai le reste de mon séjour en Malaisie. Malgré la pluie et/ou la chaleur étouffante, nous resterons 2 jours dans cette ville à la mosaïque étonnante : front de mer pour des découvertes gustatives, street art au hasard des rues, balade dans le Chinatown endormi et le Little India qui fourmille, etc. L’incroyable cosmopolitisme de la ville est représentatif du reste du pays : les Malais, de religion musulmane, ne représentent que la moitié de la population malaisienne, le reste étant essentiellement constitué de Chinois et d’Indiens totalement intégrés dans la société et considérés de longue date comme des citoyens lambdas.

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Changeant constamment de programme, je me déciderai finalement à me rendre par un bus de nuit sur les îles Perhentians, convainquant deux de mes trois compères de me suivre. Avec des sièges molletonnés et suffisamment de place pour allonger ses jambes, j’y passerai la meilleure nuit de transport depuis 5 mois ! Elle ne sera pourtant pas longue puisque nous nous ferons déposer au petit matin pour attendre un bateau qui se fera désirer plus de deux heures, le temps que la mer agitée permette à notre embarcation d’atteindre le port... S’ensuivent 45 minutes de navigation dignes des parcs d’attraction ! Et c’est une bretonne au pied marin qui le dit !

Notre dîner avant d'embarquer pour une nuit de bus :

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Les trois jours que je passerai en bonne compagnie sur ces bouts de rochers entourés d’eau turquoise se résument à des sessions lecture le cul posé sur les plages de sable fin, des parties de cartes en attendant un Mee Goreng, des séances de snorkelling où j’apercevrai tortue et requin pointe noire (de là à dire que j’ai vaincu ma phobie…)

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Notre voisin de bungalow : un varan à la vue répugnante, je l'avoue...

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... préférant largement la compagnie de ces jolis Némos ;-)

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Mais après 10 jours passés sur la péninsule, il est temps pour moi de retourner à la capitale pour prendre mon envol vers Bali, en Indonésie, où mes parents (et 3 de leurs amis) me font le plaisir de me rejoindre. Après 5 mois d’absence, autant dire qu’ils m’attendent de pieds fermes !!!

Si l'on doit faire les présentations comme à l'école des fans, ma mère est la jolie blonde à gauche. Quant à la paternité, elle est assez évidente pour que je m'abstienne de la préciser!

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29 mars 2014

L'art de la toge

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28 mars 2014

Crêpes, pancakes, roti canay, même combat!

Roti malaisien à la banane, au sucre, au fromage, à l'oeuf, au chocolat... Faites votre choix!

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Les douceurs balinaises...

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Là bas, si j'y suis...
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