Après cinq mois de voyage, j’avais envie de vous faire partager quelques spécificités - souvent futiles, parfois curieuses - qui auront profondément marqué mes empreintes à travers les pays de l’ancienne Indochine.
L’héritage français a parfois du bon : au Laos et au Cambodge (plus rarement au Vietnam), on peut déguster de bonnes baguettes de pain sans déroger à la règle de manger local ! On peut également observer d’excellents joueurs de pétanque s’exerçant sur des boulodromes dignes de ceux que nous trouvons par chez nous. Et le Pastis qui va avec !!! Mais pour les amateurs de fromages, il faut savoir que par cheese, ils entendent des portions de vache qui rit…


Quand on recherche une guesthouse, il peut être utile de regarder son environnement immédiat : une fois la nuit tombée, la fièvre des karaokés s’empare des vietnamiens (c’est aussi valable pour le Laos et le Cambodge, mais dans une moindre mesure) pour qui se faire entendre prime sur la justesse de ton !

Les maisons vietnamiennes ont la particularité d’être toute en longueur, la largeur de l’habitation correspondant peu ou prou à celle d’une double porte ! Cela viendrait de l’époque coloniale qui avait imposé un impôt foncier calculé en fonction de la largeur de la façade... Ces maisons à toit plat sont très souvent colorées dans des tons « d’eau » (bleu ou vert très clair)
L’architecture des habitations rurales du Laos et du Cambodge sont assez proches : construites en bois et toujours sur pilotis, le rez-de-chaussée sert de pièce commune où l’on trouve souvent hamacs, ustensiles de cuisine, machines à tisser, voire nourriture pour le bétail.
Quant à la gestion des déchets, cher à mes très chères collègues, elle ici est diablement efficace !!! L’odeur caractéristique de brûlé à la nuit tombée rappellera toujours à mes narines ces belles régions d’Asie (Laos, Cambodge, et même l’île indonésienne de Bali !).



En termes d’esthétisme, les canons de beauté sont loin d’être ceux partagés par les Occidentaux : les Vietnamiennes considèrent la peau blanche comme un élément principal de beauté, assez difficile à maintenir dans ces contrées tropicales, vous en conviendrez… Mais avoir la peau bronzée est synonyme de travail dans les champs, et donc d’un rang social inférieur… Alors afin de conserver une peau la plus claire possible, elles se couvrent d’une multitude de couches de vêtements qui me donnaient le sentiment d’une véritable étuve : chapeau pointu, tee-shirt et sweat (à manche longue évidemment !), chaussettes (pratique dans les tongues !), gants en laine (si, si !), masque de chirurgien (très utile pour supporter les gazs des pots d’échappement…)
De l’autre côté de la frontière, les femmes cambodgiennes sont nettement moins engoncées. J’avais déjà évoqué dans un autre article, les tenues pour le moins particulières portées par de nombreuses cambodgiennes… Je croyais au départ que les Khmers ne voyaient pas d’inconvénient à sortir en pyjama dans la rue jusqu’à ce que je découvre les vêtements proposés à la vente dans les boutiques et sur les étals des marchés : au-delà du côté probablement pratique et confortable, c’est le principe d’assortir le haut et le bas qui semble être le must de l’esthétisme de la tenue, et ce quel que soit le motif représenté ! A vous de juger !


« Lucky, lucky ! Lucky for you, lucky for me !!! » est le slogan entonné par les vendeurs pour nous convaincre de leur acheter les babioles présentées sur leurs étals. Une fois la transaction terminée, ils tapotent leurs objets à vendre (ou le tableau de bord dans le cas des chauffeurs de taxi) avec les billets qu’on vient de leur laisser.
S’adresser respectueusement à quelqu’un en langue khmer ou vietnamienne peut s’avérer rapidement un casse-tête chinois. Au Cambodge, on appelle Ming pour « Tante » une femme plus âgée, mais au Vietnam, il faut s’accrocher : en fonction du sexe des deux parties, de leur âge, de leur statut, chaque appellation diffère ! Les combinaisons sont donc nombreuses et il vaut mieux ne pas se tromper si l’on ne veut pas vexer son interlocuteur… Parler anglais m’aura au moins permis de rester polie !
En parlant de formules de politesse, ne vous étonnez pas si un Khmer vous demande si vous avez mangé du riz… Cette traduction littérale du « soksabaï ? » correspond au « comment ça va ? » distribué machinalement après avoir dit bonjour à quelqu’un. Répondez que vous avez bien mangé du riz (« khniom soksabaï ! ») quel que soit le plat que vous avez pris à midi !
Il est possible de compter jusqu’à 19 en Khmer en utilisant seulement 6 mots !!! Il suffit de savoir compter jusqu’à 5 et de connaître le mot 10. Le reste n’est une question de mémoire et de prononciation…
Partout en Asie du Sud-Est, il ne sert à rien de secouer la tête de droite à gauche pour dire « non ». Le bon geste pour signifier son refus à quelqu’un est de faire pivoter sa main sur elle-même, comme une marionnette. Vous restez un barang (« étranger » en khmer, dérivé du mot « français »… car les Asiatiques prononcent difficilement les « f ») mais au moins vous êtes compris !
L’écriture vietnamienne diffère des alphabets Khmer, Lao ou Thaïlandais. Utilisant autrefois les caractères chinois, l’alphabet vietnamien est depuis deux siècles proche de l’alphabet latin après qu’un missionnaire s’est évertué à transcrire phonétiquement le vietnamien. Lire et parler le vietnamien est pour autant incroyablement complexe, notamment en raison de la combinaison des accents qui changent la prononciation et le sens d’un même mot. Au choix : ˚ ¸ ‘ ^ ¨ ̃
Bonne année en vietnamien

Panneau cambodgien
